vendredi 15 décembre 2017

On a tous un ange gardien

Je n'avais pas le courage romantique des clochards de Paris. Moi, j'étais devenu un ver, une punaise. Alors, punaise, couard, traître, faillite, comment est-ce que j'ai survécu ? Je peux vous donner deux réponses. L'une est astrologique - mon Jupiter bien placé. L'autre est que sans doute j'ai un ange gardien qui me protège. Et qui peut-être mon ange gardien ? A l'avis d'un médium à Londres, il était un frère né-mort, qui parmi tous ceux (en haut) qui travaillent pour moi, est le plus ardent.Naturellement je n'avais jamais entendu parler mes parents d'un tel frère. Mais je ne me plains pas. Frère ou mythe, il m'a sauvé la vie maintes fois. Mais avant de me rescaper, il me laissait toujours tomber jusqu'au fond. Peut-être il savait mieux que moi, que ce drame était bon pour mon caractère. "That makes a man of you", comme on dit en anglais.
 
Henry Miller- J'suis pas plus con qu'un autre
 
 
 
 

jeudi 14 décembre 2017

Interlude musical


Le temps de la consolation

« Le concept s’affaire toujours autour d’une blessure » écrivit, un jour, Jacques Derrida. C’est que le réel est tragique. Il est une plaie, mais le mouvement du concept sert à (ré)concilier, à refermer la plaie. La consolation pourrait être de ces concepts, ou du moins tel que l’établit le projet présenté dans Le temps de la consolation. Nous traversons, plus que jamais peut-être, une crise humaine, un temps marqué profondément par la détresse et le désarroi, d’où un regain ...philosophique envers la consolation. Michael Foessel, à traves son titre, propose bien dirait-on une solution : consoler. Consoler la tristesse des hommes, voilà une thèse qui est néanmoins poussée à contre-courant. Dans une époque où les populations réclament coûte que coûte des traitements de chocs, notamment dans la question politique la plus quotidienne, en se déplaçant vers l’intérêt et le soutien déraisonné des extrêmes en tout genre, penser la consolation est sans doute une originalité. Les contours du nouveau monde se dessinent parfois avec les pinceaux de l’ancien, dans la croyance que les larmes des temps passés ont définitivement séché. Une belle naïveté apparente émane, au sens positif du terme, de ce renouveau philosophique de la consolation – une sorte de Renaissance de la com-passion de la désolation.
Mais il nous semble que la détresse n’est pas le privilège des dernières décennies, à l’image de ce que Philippe Muray énonce : « Le réel, à toutes les époques, est irrespirable ». A cette froide désolation ambiante s’adjoint une bouillante ambiance de désillusion. Tout a déjà été essayé pour palier à la souffrance humaine, tout a été éclusé et récusé, mais la consolation en tant que telle fut délaissée, voire oubliée. Plus personne ne croit en la consolation : elle a (été) trop souvent déçue – certes moins dans les religions et les psychologies qui s'en donnent à coeur joie.
 
Jonathan Daudey
 
 

Pensée de ce jour...

Mes défaites ne me rendent pas plus fort (notion Nietzschéenne), mais plus faible. D’où le fait que je ne renaisse jamais de mes cendres, mais du feu de l’inexprimé.
 
 

Cendrars, en passant...

Joseph était un modèle d'obeissance.
"L'obeissance, avait-il coutume de dire, des années et des années plus tard quand fréquemment élevé en extase au-dessus de la terre ce seul et unique mot avait le pouvoir de le faire sortir de son état, "l'obéissance est le couteau qui égorge la volonté de l'homme...Obéis...A ce mot, Dieu tire le rideau...".

Blaise Cendrars - Le lotissement du ciel

mercredi 13 décembre 2017

L'écriture

Ecrire : se relire sans cesse. Un jour, j'aime, un jour, j'aime pas, un jour j'aime, un jour j'aime pas, un jour j'aime, un jour j'aime pas, un jour j'aime, ad nauseam ! Tu parles d'un métier ! Osciller sans cesse entre ravissement et dégoût.
 
 

mardi 12 décembre 2017

Colette, en passant...

La fureur de mourir va-t-elle surpasser celle de naître ?

Colette - L'étoile Vesper